Primaire de la gauche : la plateforme e-votez ralentie par une cyberattaque, le vote se poursuit
Des robots ont fait grimper les connexions simultanées de 10 000 à 20 000 sur e-votez.net, selon un membre de l’organisation. Les organisateurs jugent les votes enregistrés intacts et le premier tour doit s’achever samedi à 20 heures.
Pour la primaire de la gauche, le premier tour a débuté vendredi 9 octobre 2026 à 8 heures par un incident technique : la plateforme e-votez.net, prestataire du vote, a été visée par une attaque informatique. Selon la commission d’organisation, la page de vote a ralenti pour une partie des électeurs, sans jamais s’interrompre. Le scrutin, uniquement électronique, doit se terminer samedi 10 octobre à 20 heures.
En bref
- Selon la commission d’organisation, la page de vote a ralenti pour une partie des électeurs, sans jamais s’interrompre.
- Ils répètent que les suffrages déjà enregistrés ne sont pas altérés et parlent d’un problème de gestion de flux, pas d’une faille de sécurité ; le secret du vote, assurent-ils, n’est pas touché.
- Le scrutin présidentiel, lui, aura lieu en deux tours, les 18 avril et 2 mai 2027.
Une attaque qui sature la plateforme avec des robots
Dans un communiqué, les organisateurs décrivent une attaque qui consiste à pousser « au maximum » le nombre de connexions simultanées au moyen de bots. D’après ICI Breizh Izel, qui cite l’organisation jointe par France Inter, ce flot massif et fictif de connexions empêche une partie des électeurs de voter.
Ces deux chiffres proviennent d’un membre du comité d’organisation, interrogé par Le Parisien en fin de matinée. Le quotidien précise que les serveurs n’ont pas tenu la charge et que le vote a été ralenti. Vers 15 heures, son équipe constatait que l’accès restait compliqué.
Le même journal évoque une attaque « très vraisemblablement » par déni de service distribué, ou DDoS. Le principe : un réseau de machines infectées envoie à un site tant de requêtes qu’il devient inutilisable. Le Parisien rappelle que La Poste avait été visée par ce type d’attaque en janvier dernier. Aucune source consultée ne désigne pour l’instant les auteurs ni leur motivation.
Voter reste possible, avec de l’attente
Pour les organisateurs, le scrutin n’a connu aucune coupure depuis son ouverture. Ils répètent que les suffrages déjà enregistrés ne sont pas altérés et parlent d’un problème de gestion de flux, pas d’une faille de sécurité ; le secret du vote, assurent-ils, n’est pas touché. Un responsable socialiste a indiqué avoir pu voter, mais après une longue file d’attente, rapporte Le Dauphiné libéré.
Le corps électoral compte quelque 140 000 inscrits, selon Midi Libre, un nombre supérieur aux prévisions, qui tablaient sur 90 000, mais très loin des 2,6 à 2,8 millions de votants de la primaire de 2012, celle de François Hollande.
Plainte, Anssi et premières réactions
- Les trois formations organisatrices, le PS, Place publique et la Gauche républicaine et socialiste, ont saisi la justice, indique Le Dauphiné libéré. Patrick Mennucci, président de la commission d’organisation, a aussi évoqué une plainte déposée.
- Selon Matignon, le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé à l’Anssi, l’agence de l’État chargée de la sécurité des systèmes d’information, d’appuyer l’organisateur pour identifier la nature et l’origine de l’attaque, et de le mettre en relation avec des prestataires certifiés capables de rétablir la plateforme, d’après Le Monde.
- Toujours d’après Matignon, ni l’origine de l’attaque ni ses auteurs ne sont identifiés à ce stade.
- Jérôme Guedj, l’un des candidats, a réagi sur X : « Cette primaire intéresse plus qu’on ne pense ! Même les hackers. »
Patrick Mennucci a qualifié l’attaque de « scandaleuse » sur franceinfo. Il affirme qu’elle ne vient pas d’un étudiant qui s’amuserait, mais de quelque chose de « beaucoup plus organisé », destiné selon lui à contrer la dynamique de la primaire. Il s’agit de son analyse : rien, dans les sources consultées, n’établit cette intention.
Cinq candidats, un second tour possible
Cinq personnalités se disputent l’investiture : Ségolène Royal, Jérôme Guedj, Olivier Faure, Emmanuel Maurel et Raphaël Glucksmann. Philippe Brun, un temps déclaré, ne figure plus dans la course : le PS l’a suspendu à la suite d’accusations de violences, rappelle ICI. Les résultats du premier tour seront connus dans la foulée de la clôture. Faute de majorité nette, un second tour aurait lieu les 16 et 17 octobre.
Un sondage Harris Interactive publié vendredi place Raphaël Glucksmann en tête de l’image à gauche : 53 % des sondés de gauche en ont une bonne opinion, contre 47 % pour Ségolène Royal, selon Midi Libre et Le Dauphiné libéré. Mais le corps électoral de la primaire reste largement inconnu, car beaucoup d’inscrits ne sont pas issus des partis organisateurs. Olivier Faure l’a rappelé jeudi : faute de savoir qui s’est inscrit, il disait ne pas avoir de pronostic à faire. Le scrutin présidentiel, lui, aura lieu en deux tours, les 18 avril et 2 mai 2027.
Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Sillerkiil. Licence : CC BY-SA 4.0.