À Rennes, une exposition gratuite sur l’assiette des Bretilliens depuis le XVIIIe siècle
Disette de 1812, menus de banquets et étiquettes de fromages jalonnent un parcours en trois questions, prolongé par des images de la Cinémathèque de Bretagne.
En bref
- L’exposition « À table ! » se tient aux Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, dans le quartier Beauregard.
- Trois questions guident la visite : produire, acheter et consommer, partager.
- Une affichette de 1812, des menus de cérémonie et des étiquettes de Bécherel figurent dans la brochure pédagogique.
Entre le 27 octobre 2026 et le 26 mars 2027, le quartier Beauregard, à Rennes, abrite une exposition consacrée à ce que mangeaient les habitants du département : « À table ! Se nourrir en Ille-et-Vilaine depuis le XVIIIe siècle ». Selon Unidivers, l’accès ne coûte rien.
Les repères pour préparer la visite
| Information | Détail |
|---|---|
| Période | de fin octobre 2026 à fin mars 2027 |
| Lieu | Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, quartier Beauregard, Rennes |
| Tarif | gratuit |
| Pièces montrées | documents d’archives et objets patrimoniaux |
Le Département conserve les fonds qui servent de socle à l’exposition. S’y ajoutent des documents venus d’autres institutions ainsi que de collections privées. Le propos couvre trois siècles : on y croise l’agriculture, les gestes de cuisine, les échanges commerciaux, les périodes de manque et les formes d’entraide.
Un parcours en trois questions
Le visiteur est conduit par trois interrogations : de quelle façon fabrique-t-on et transforme-t-on la nourriture, comment se la procure-t-on et la consomme-t-on, et par quels moyens la société en organise-t-elle la répartition.
Le premier volet, intitulé « Produire et transformer », s’intéresse à la fabrication, à l’arrivée de produits extérieurs et à la préparation des denrées, qu’elles proviennent des champs ou de l’océan. Le second, « Acheter et manger », accompagne les aliments du jardin potager jusqu’à l’assiette, de l’étal du marché jusqu’aux rayons du supermarché, du repas de tous les jours jusqu’aux grandes occasions.
Le territoire concerné, précise Unidivers, réunit campagnes agricoles, villes commerçantes et activités du littoral. Pourtant, les ressources locales ne suffisent pas à expliquer les habitudes de table : la conservation des denrées, les possibilités de transport, les échanges et les modes de distribution font évoluer peu à peu la variété des produits accessibles.
Derrière chaque repas, le parcours rappelle aussi la présence de nombreux acteurs : paysans, pêcheurs, commerçants, cuisinières, industriels, mais également des administrations chargées de prévenir les pénuries ou de garantir la sécurité sanitaire.
Les pièces qui donnent chair à l’histoire
La brochure pédagogique qui accompagne l’exposition reproduit trois documents repères :
- : une affichette diffusée dans les rues de Rennes pendant la disette, conservée sous la cote 6 M 769.
- : des menus servis lors de cérémonies, sous la cote 1 J 1060.
- : des étiquettes collées sur les fromages sortis de la laiterie de Bécherel, cote 228 J 3. Elles montrent un aliment devenu produit marqué d’une identité et emballé pour être vendu.
L’affichette de 1812 renvoie à une époque où une mauvaise récolte, un transport difficile ou une flambée du prix des céréales pouvaient fragiliser les ménages les plus modestes. Selon Unidivers, la faim dépendait alors autant des circuits commerciaux, du pouvoir d’achat et des décisions des autorités que du climat.
Les menus de cérémonie, eux, montrent la table que l’on dresse pour recevoir et honorer ses invités : le choix des plats, leur succession et la présentation du menu participent d’une mise en scène de l’hospitalité.
Des films de la Cinémathèque de Bretagne
Les images animées complètent les papiers : la Cinémathèque de Bretagne apporte environ quatre minutes d’extraits tirés de ses fonds. Une minute à peu près vient de « Saint-Briac août 1945 », film dont on ignore le réalisateur et qui montre une pêche aux bigorneaux.
Pour poursuivre côté cuisine, on peut parcourir les spécialités de la gastronomie bretonne.
Ramasser des coquillages sur l’estran suppose de connaître le milieu naturel et les usages du lieu. D’après Unidivers, l’image animée restitue ce que les inventaires et les documents administratifs saisissent plus difficilement : la façon dont les corps travaillent, se déplacent et agissent sur leur environnement.
Photo : Ron Lach / Pexels