Cuisine

De la vanille au safran, des saveurs inattendues prennent racine en Bretagne

Vanille sous ombrière à Saint-Pol-de-Léon, Kari Gosse lorientais, miel d’abeille noire de Belle-Île : certaines saveurs bretonnes se trouvent déjà dans le commerce. D’autres, comme l’huile d’olive de Séné, se font attendre, et le safran reste l’affaire de quelques safranières artisanales.

Ronan Cloarec Par Ronan Cloarec
4 min de lecture
De la vanille au safran, des saveurs inattendues prennent racine en Bretagne
Photo d’illustration. Des crocus violets dont les stigmates rouges sont bien visibles, dans un champ de terre sèche.

En bref

  • La vanille, le Kari Gosse et le miel de Belle-Île se trouvent déjà dans le commerce, l’huile d’olive de Séné reste un projet, et le safran pousse dans quelques safranières artisanales.
  • Il marie gingembre, curcuma, cannelle, girofle, poivre, piment rouge, coriandre, cumin, cardamome et fenugrec.
  • « Depuis 2022, elle produit un safran d’exception, bio et classé catégorie 1 qualité supérieure norme iso 3632 »

Vanille, miel d’abeille noire, curry, huile d’olive, piment, safran ou algue poivrée : tous ces produits ont aujourd’hui un pied en Bretagne, mais à des stades très différents. La vanille, le Kari Gosse et le miel de Belle-Île se trouvent déjà dans le commerce, l’huile d’olive de Séné reste un projet, et le safran pousse dans quelques safranières artisanales. C’est ce qu’a recensé actu.fr Bretagne dans un article du 10 octobre 2026, qui voit dans le climat de la région, et dans le dérèglement climatique, des conditions favorables à ces récoltes inattendues. Voici où et comment ces produits sont élaborés, et où les trouver lorsque l’information est connue.

La vanille de Saint-Pol-de-Léon, une affaire de patience

Producteur de légumes, l’entreprise Prince de Bretagne, installée à Saint-Pol-de-Léon, produit aussi des gousses de vanille. Les vanilliers poussent sous une ombrière, qui offre des conditions de culture presque semblables à celles d’un sous-bois tropical. Les plantations ont été lancées à partir de plants de vanilliers obtenus in vitro et venus de la Réunion.

Le projet est parti de zéro. Pierre Guyomard, maraîcher qui préside la section vanille de Prince de Bretagne, cité par actu.fr, raconte que l’équipe a appris à cultiver la vanille en se formant sur internet, à l’aide de vidéos et de quelques lectures.

Selon actu.fr, deux métiers se succèdent derrière chaque gousse : produire la gousse verte jusqu’à maturité, puis la transformer. Cette transformation suit un savoir-faire traditionnel transmis par des Réunionnais : les gousses sont d’abord maintenues au chaud, puis séchées, avant un long affinage.

Fleur de crocus violette aux stigmates rouges et aux étamines jaunes, sur un sol de terre sèche recouvert de brins de paille.
Une fleur de crocus violette aux stigmates rouges, posée sur une terre sèche parsemée de paille. Photo : Imad Clicks / Pexels
4 ansde développement nécessaires à la culture
9 moisd’affinage pour les gousses

Cette vanille vise d’abord les professionnels et les restaurateurs. Les particuliers peuvent toutefois en dénicher en épicerie fine, dans certaines boutiques de souvenirs bretons, ou la commander en ligne chez Hénaff&co et Ty Kouign.

De Lorient à Belle-Île, épices anciennes et miel insulaire

Le Kari Gosse, lui, n’est pas une culture mais un mélange d’épices, dont l’histoire remonte au XVIIe siècle. Il est apparu à Lorient au temps de la Compagnie des Indes. Il marie gingembre, curcuma, cannelle, girofle, poivre, piment rouge, coriandre, cumin, cardamome et fenugrec. Un pharmacien et apothicaire, M. Gosse, l’a ensuite popularisé au XIXe siècle. On le trouve aujourd’hui en pharmacie, en épicerie fine, chez Groix et Nature ou en Biocoop. À Lorient, son plat emblématique reste le homard au Kari Gosse.

Changement de décor avec le miel. Au Palais, sur l’île bretonne de Belle-Île, le Rucher de l’abeille noire propose du miel, mais aussi de la cire, des tisanes, du pollen et même un baume pour la peau. Belle-Île compte près de 200 colonies de cette abeille, dont le miel se récolte deux fois par an, à la fin juillet puis en septembre. Selon actu.fr, cette démarche vise à protéger l’espèce comme l’environnement.

À Séné, des oliviers en attente

L’huile d’olive bretonne, elle, demande encore de la patience. L’association Breizh Olives de Séné a planté près de 400 oliviers et prévoit ses premiers flacons d’ici cinq ans. D’après actu.fr, cette plantation représenterait la première filière oléicole de Bretagne. Elle s’adapte au réchauffement climatique, qui favorise l’arrivée de nouvelles cultures.

Inutile donc de chercher cette huile en boutique pour l’instant : le projet n’a pas encore produit.

Trois autres saveurs à repérer

  • Le poivre de mer : aussi appelé dulse poivrée (Osmundea pinnatifida), cette algue rouge comestible, de petite taille, colonise les rochers de l’estran.
  • Le piment : producteur de piments, Gilles Le Bihan a lancé le « Défi Piment », un concours de mangeurs de piments organisé d’abord à Spézet, puis à Plouénan.
  • Le safran : des safranières artisanales sont installées dans le Golfe du Morbihan et du côté de Saint-Malo. Selon actu.fr, le bulbe du crocus à safran (Crocus sativus) semble bien s’accommoder du sol breton. Près du Golfe du Morbihan, Terre Safranée exploite une safranière de 8 000 m².

Le producteur décrit ainsi son safran, d’après actu.fr :

« Depuis 2022, elle produit un safran d’exception, bio et classé catégorie 1 qualité supérieure norme iso 3632 »

Terre Safranée, safranière près du Golfe du Morbihan

Photo : mohsen khodadadi / Wikimedia Commons, CC BY 3.0

Ronan Cloarec

Destinations, loisirs et cuisine bretonne

Ronan Cloarec

Ronan Cloarec a longtemps animé des visites bénévoles pour une association de sauvegarde du patrimoine près de Morlaix. Il écrit pour Encre de Bretagne sur les légendes, les châteaux, les phares et les traditions du pays, en vérifiant chaque date avant de la citer. Il emporte toujours un carnet pour dessiner les menhirs qu'il croise.