À bord du Français, des collégiens ont appris la voile carrée aux Méloines
Quatre heures de navigation vers les Méloines, trois groupes de mâts et dix kilomètres de cordage : une classe de collégiens a vécu la mer à l’ancienne.
En bref
- Le jeudi 15 octobre 2026, une petite quarantaine d’élèves de 4e et 3e ont embarqué à Trébeurden.
- Le navire est le dernier trois-mâts barque en bois sous pavillon français.
- Construit au Danemark en 1948, il est malouin depuis 2018.
- Une restauration complète de la coque et du pont est prévue en 2030.
Le jeudi 15 octobre 2026, une quarantaine de collégiens de 4e et de 3e, issus des établissements Paul-Le Flem de Pleumeur-Bodou et Le Goffic de Lannion, ont été reçus sur le Français par Arnaud Goron, son capitaine, et par les neuf marins qui l’entourent. Selon actu.fr Bretagne, cette sortie en mer fait partie du Festival international du film et de l’image des mondes marins.
Quatre heures en baie de Lannion
Les élèves, accompagnés de leurs professeurs, ont choisi la filière bi-mer. Pendant quatre heures, ils ont parcouru la baie de Lannion et gagné le plateau des Méloines. Cette sortie a été montée avec l’association Grand voilier école. Le navire roulait et tanguait légèrement, plus que certains des jeunes ne l’auraient voulu.
Les jeunes se sont répartis en trois groupes : l’un autour du mât de misaine, un autre au grand mât, haut de 34 mètres, le dernier au mât d’artimon. Les marins gabiers les guidaient pour la manœuvre. « On va envoyer la voile au fur et à mesure », a lancé Arnaud Goron, capitaine du Français.
Une fois les voiles carrées établies, les mousses ont envoyé le volant, ensuite le perroquet. Côté poupe, on a déployé la brigantine et la flèche, tandis que la grand-voile est venue compléter la toile un peu plus loin de la côte.

L’échelle d’un grand voilier
Ce jour-là, le vent soufflait faiblement : on a donc déployé toute la toile pour en extraire le maximum, ce qui donnait une allure d’environ 3 nœuds. Dès que le navire change de cap, les mousses retournent à leur poste. Sur le pont, les cordages forment comme une gigantesque toile d’araignée ; Mickaël Chevereau a évalué leur longueur cumulée à une dizaine de kilomètres.
| Repère | À bord |
|---|---|
| Grand mât | 34 mètres |
| L’équipage | capitaine et neuf membres |
| Cordage | une dizaine de kilomètres, selon Mickaël Chevereau |
| Navigation | instruments modernes réglementaires, mais préférence du capitaine pour la carte |
De Svendborg à Saint-Malo
- Ce bateau danois sort des chantiers de Svendborg. Il commence sa carrière dans les eaux de la mer du Nord, en caboteur longeant les côtes du Groenland.
- On le transforme en trois-mâts barque, et le cinéma lui confie tour à tour les navires de grands explorateurs polaires : le Pourquoi Pas ? (Charcot), le Fram (Amundsen) puis l’Endurance (Shackleton).
- Au terme de 60 ans de navigation, il est remis en état et aux normes outre-Manche, au Royaume-Uni, puis gagne Saint-Malo où il prend le nom de Français, en hommage au trois-mâts goélette de la première expédition scientifique française en Antarctique, menée par Jean-Baptiste Charcot.
- Le navire aura 80 ans.
- Le chantier prévu refera entièrement la coque ainsi que le pont ; les pièces de bois destinées à ces travaux sont déjà immergées dans la Penfeld.
Appartenant à la société Marine Événements, Le Français est le seul trois-mâts barque en bois encore à naviguer avec le pavillon français. Pour son port d’attache, le plan de mobilité de la Route du Rhum à Saint-Malo offre un autre regard sur l’actualité malouine.
Une société à mission
Le navire a le statut de société à mission : il s’engage en faveur du patrimoine, de la transmission et de sa responsabilité sociale comme environnementale. Deux associations le louent régulièrement. L’une d’elles, Grand voilier école, fait embarquer 2 500 jeunes chaque année grâce au soutien de ses mécènes, avec pour buts l’éducation, l’inclusion et la sensibilisation au respect de l’environnement.
Photo : Żeglarz / Wikimedia Commons